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Écolabels des produits de la mer

À quoi servent les écolabels en matière de produits de la mer ?

Un label offre la garantie que le produit qui le porte possède certaines caractéristiques relatives à sa production ou à sa composition. Il existe aujourd’hui de nombreux labels dans le secteur agro-alimentaire. Parmi eux, l’écolabel, ou label écologique, vise à promouvoir les produits qui ont un impact réduit sur l’environnement. Dans le domaine des produits de la mer, on distingue les écolabels destinés aux poissons sauvages et ceux destinés aux poissons d’élevage. Voici quelques informations pour mieux s’y retrouver.

Les écolabels pour les produits issus de la pêche

Il n’existe pas de cadre public pour l’éco-étiquetage (ou écolabellisation) des produits de pêche. Cependant, un cadre internationalement reconnu a été établi par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation) en 2005, comprenant des directives encadrant les systèmes d’éco-certification des pêcheries gérées de manière durable.

  • MSC (Marine Stewardship Council)

MSC (Marine Stewardship Council)Le Marine Stewardship Council est une organisation non gouvernementale qui a créé un label identifiant les produits de la mer issus de pêcheries durables, en vue d’apporter une solution au problème de la surpêche. Cette ONG internationale opère auprès de pêcheries sur tous les continents et a développé un programme de labellisation des produits de la mer. En 2017, 306 regroupements de pêcheurs sont certifiées MSC et 83 sont en cours d’évaluation (soit environ 10% des captures mondiales issues de pêcheries certifiées destinées directement à la consommation humaine). En France, neuf pêcheries sont certifiées MSC à ce jour, et une est en cours d’évaluation.

Pour obtenir la certification, chaque pêcherie doit démontrer qu’elle répond à 3 principes fondamentaux :

  • L’état des stocks de poisson : l’effort de pêche doit être à un niveau compatible avec la durabilité de la ressource. Toute pêcherie certifiée doit fonctionner de manière à assurer la pérennité de son activité et ne doit pas surexploiter la ressource.
  • L’impact sur le milieu marin : les activités de pêche doivent permettre le maintien de la structure, de la productivité, de la fonction et de la diversité de l’écosystème dont la pêcherie dépend.
  • Le système de gestion de la pêcherie : la pêcherie doit respecter tous les règlements et lois locales, nationales et internationales en vigueur. Elle doit aussi avoir un système en place qui permette de maintenir la durabilité de la pêcherie lorsque les conditions évoluent.

Plus de 22100 produits fabriqués à partir de ressources issus de la pêche sauvage dans le monde portent à ce jour le label MSC : 1435 produits le portent en France, 1205 en Suisse, 1128 en Belgique et 4289 en Allemagne.

  • Le label artysanal

Créé par le Forum mondial des pêcheurs et des travailleurs de la pêche en 2013, le label artysanal concerne les bateaux de moins de 14 mètres qui « intègrent des critères liés à la lutte contre la surexploitation des poissons, à la sécurité des pêcheurs et à la fragilité du secteur de la pêche artisanale ». Une pêcherie artisanale islandaise de cabillaud, la Nasbo (National association of small boat owners), a été certifiée en 2015 selon les critères du label artysanal et le groupe Elior (restauration d’entreprise) s’est associé à cette démarche.

  • L’écolabel français pêche durable

Ce label, lancé fin 2014, est issu de la collaboration entre l’ensemble des acteurs français de la filière pêche, ainsi que des représentants de l’administration, des ONG, des scientifiques et des représentants d’associations de consommateurs. Deux consultations publiques ont permis de recueillir les avis de la société civile. Cet écolabel intègre les critères : « écosystème », « environnement », « social » et « qualité ». Il intègre certains critères que les autres écolabels de pêche n’abordent pas tels qu’énergie, déchet et pollution, rémunération et sécurité à bord, qualité du produit. Les certifications sont attribuées par des organismes certificateurs accrédités par le COFRAC, organisme national d’accréditation, en conformité avec les normes internationales de certification (ISO 17065) et les lignes directrices de la FAO. Le label est opérationnel depuis janvier 2017. Plusieurs pêcheries françaises se sont engagées dans le processus de certification.

Et Pavillon France dans tout ça ?

Pavillon FranceCréée en 2010, la marque Pavillon France n’est pas un label misant sur la qualité du produit, la garantie de la durabilité des pêches ou des espèces capturées, elle s’attache uniquement à promouvoir la consommation de produits issus de la pêche française.

Et les « sans DCP » dans tout ça ?

Certaines boîtes de conserve de thon (albacore, germon...) affichent désormais la mention « pêché à la ligne » ou « pêché sur banc libre ». Cette mention signifie que les poissons ont été capturés sans utiliser de Dispositif de Concentration du Poisson (DCP). Les DCP entraînent un changement du comportement des poissons et des prises non désirées, leur impact écologique n’est pas complètement identifié. Il s’agit d’une mention relative à la technique de pêche utilisée mais pas d’une certification ni d’un écolabel.

Les écolabels pour les produits issus de l’aquaculture

  • Le label « biologique »

Agriculture biologiquePlusieurs standards d’origine publique ou privée co-existent sur le marché international : le label public « AB » en France, le label privé « BioSuisse » en Suisse, le label privé « Biogarantie » en Belgique, le label de la « Soil Association » au Royaume-Uni ou encore celui de « Naturland » en Allemagne.

La réglementation européenne visant à arrêter les dispositions d’une production aquacole biologique est en vigueur depuis 2009 et son application est obligatoire depuis le 1er juillet 2010. Le label européen figure sur les produits en complément ou en substitution des labels nationaux.

Cette certification assure que les poissons d’élevage sont élevés en respectant des critères stricts :

  • Pas d’utilisation de pesticides, colorants, stimulants de croissance chimiques ou antibiotiques.
  • Compléments végétaux issus de l’agriculture biologique (sans OGM notamment).
  • Alimentation animale issue de produits de pêche soumis à quotas.
  • Densité dans les cages moins élevées que dans un élevage conventionnel pour respecter le bien-être animal.

Le label AB existe également pour les produits conchylicoles tels que les moules. Les conditions d’élevage se font dans des eaux de haute qualité environnementale et le site de production répond à des normes plus strictes concernant l’impact sur le milieu (produits d’entretien…).

En décembre 2016, une étude de 60 millions de consommateurs révèle que les résidus de polluants (arsenic, pesticides, métaux lourds) sont plus élevés dans le saumon bio que dans le saumon conventionnel. Ceci est lié à la plus grande part d’alimentation sauvage du cahier des charges bio. En parallèle, on relève une hausse de 33 % de la consommation de produits de la mer certifiés AB en France entre 2014 et 2015.

  • Le label ASC (Aquaculture Stewardship Council)

ASC (Aquaculture Stewardship Council)À l’initiative du World Wildlife Fund (WWF), plusieurs groupes de travail, connus sous le nom de « Dialogues Aquaculture », se sont organisés depuis 2006 afin de définir des standards pour une aquaculture responsable. Basés sur une démarche transparente et multi-parties prenantes, ces « dialogues » réunissent les différents acteurs de cette activité dont notamment : producteurs, acheteurs, organisations non gouvernementales, organisations publiques, producteurs d’aliments, organismes certificateurs et scientifiques.

Les « dialogues » ont invité les acteurs à travailler ensemble pour identifier les impacts majeurs engendrés par l’aquaculture et définir les standards qui devront permettre de les réduire, voire de les éliminer. Ces standards servent de base pour un écolabel en aquaculture, basé sur une certification tierce partie et géré par un organisme indépendant. Le choix des espèces retenues pour les « dialogues » s’est fait à partir de critères de sélection tels que leur degré d’impact sur l’environnement et sur la société, leur valeur marchande et leur importance commerciale au niveau international. À ce jour, le label ASC existe pour certaines fermes élevant le tilapia, le saumon, les crevettes tropicales, le pangasius, la truite, certains mollusques (moules, huître, ormeau, coquille Saint-Jaques et palourde), la sériole ou le cobia. 417 fermes ont obtenu le label à ce jour, 89 autres fermes sont en cours d’évaluation et 7348 produits certifiés ASC sont désormais disponibles sur le marché mondial dont 356 en France, 717 en Belgique, 1015 aux Pays-Bas et 974 en Allemagne.

Les labels aquaculture Business-to-Businesses

  • GAA (Global Aquaculture Alliance)

GAA (Global Aquaculture Alliance)GAA est une association internationale à but non lucratif, qui a pour objectif de développer une aquaculture durable du point de vue environnemental et social. GAA promeut des normes de « bonnes pratiques » et coordonne la certification d’aquaculture durable selon ses propres normes. Des exploitations ainsi que des sites de transformation peuvent être certifiés. En 2017, plus de 700 entreprises sont certifiées GAA dans le monde.

  • Global Gap

GlobalGapGlobal Gap est un organisme privé qui établit des normes de certification pour les produits agricoles et aquacoles au niveau international. Global Gap encourage les partenariats équitables entre producteurs et distributeurs qui souhaitent développer des normes et des procédures de certification efficaces. 30 espèces aquacoles sont concernées dans 28 pays.

Autres écolabels

  • Friend of the Sea

Friend of the SeaFriend of the Sea certifie à la fois les produits de pêche et les produits d’élevage, selon le code de conduite d’éco-étiquetage de la FAO. Pour les produits de pêche, peuvent être également certifiés les produits destinés à l’alimentation des poissons d’élevage (farine, huile, aliments…).

  • Naturland

NaturlandCette organisation allemande a développé des standards pour la certification de produits de pêche dans les pays en voie de développement (perche du Nil en Tanzanie) mais également en Espagne (écrevisse) et en mer Baltique (hareng). Les critères prennent en compte l’impact des techniques de pêche sur l’environnement et les écosystèmes, les conditions de travail et le droit du travail.

Pour les produits d’aquaculture, les standards Naturland pour les élevages aquacoles biologiques sont présents dans une vingtaine de pays et existent pour certaines fermes élevant la truite, le saumon, les crevettes, le tilapia ou le pangasius. Ces standards prennent en compte la sélection des sites d’élevage, la protection des écosystèmes, l’utilisation des produits chimiques, l’utilisation des OGM, et l’alimentation des animaux.

  • Dolphin Safe

Dolphin SafeC’est le nom d’une campagne qu’a lancée le Earth Island Institute (EII) aux Etats-Unis et qui a été relayée par le WWF dans les années 90, pour limiter les prises accessoires de dauphins, notamment dans le cadre des pêcheries de thon. Plus de 90% d’importateurs et de distributeurs de thon, au niveau mondial, ont adhéré aux critères « Dolphin safe ». Le label « dolphin safe », porté sur les boîtes de conserve, indique que le thon a été pêché avec des techniques qui ne portent pas atteinte aux dauphins (mais sans tenir compte des éventuelles captures d’autres espèces en danger telles que les requins et les tortues marines).

Et le Label Rouge dans tout ça ?

Label Rouge Créé en 1960, le Label Rouge garantie un cahier des charges strict qui assure une qualité supérieure au produit certifié en comparaison aux produits similaires habituellement commercialisés. Ce n’est pas un écolabel mais un label misant sur la qualité du produit.

Un outil pour identifier les programmes de certification les plus crédibles

La GSSI

(Initiative internationale pour les produits de la mer durables) est une plateforme internationale qui rassemble des acteurs de la filière, des ONG, des experts, des organisations gouvernementales et intergouvernementales, afin de collaborer en faveur de la durabilité des produits de la pêche et de l’aquaculture. Face à la multiplication des programmes de certification, la GSSI a défini une approche collective et non concurrentielle afin d’identifier les programmes les plus crédibles.

L’outil d’évaluation de la GSSI permet ainsi de reconnaître publiquement les programmes de certification des produits de la mer (pêche et aquaculture) conformes aux lignes directrices de la FAO, en s’appuyant sur des critères communs et un processus transparent.

L’outil d’évaluation de la GSSI :

  • Offre aux pêcheurs, aquaculteurs, grossistes et distributeurs un choix crédible de programmes de certification, favorisant la diminution des coûts et encourageant la durabilité environnementale.
  • Renforce la confiance du consommateur à l’égard des produits de la mer certifiés.

www.ourgssi.org