Le Rendement Maximum Durable

Un outil de gestion des pêches

Théorisé en 1935 par Michael Graham, le RMD (Rendement Maximum Durable) est devenu un outil de gestion des pêches et un objectif à atteindre, qui permet de concilier préservation et exploitation des ressources halieutiques. Il est devenu au fil du temps une référence en matière de politique des pêches et a été introduit en 2013 dans la Politique commune de la pêche de l’UE.

Le RMD correspond à la quantité maximum d’un stock de poisson que l’on peut théoriquement prélever sans porter atteinte à sa capacité de reproduction. Lorsqu’un stock de poisson est exploité au niveau du RMD, l’effort de pêche déployé permet des captures importantes tout en limitant l’impact sur la ressource exploitée. Par conséquent, le nombre de captures est susceptible de rester stable d’une année sur l’autre et donc de fournir des bons rendements sur le long terme.

Les captures augmentent rapidement avec l’augmentation de l’effort de pêche (nombre de bateaux, temps de pêche, efficacité…). Ces captures atteignent un maximum B pour un niveau d’effort de pêche P, au niveau du RMD. Si l’effort continue à croître, les captures diminuent (le stock est en situation de surpêche).

L’exploitation au rendement maximum durable

Pour qu’un stock soit exploité au niveau du RMD, il faut ajuster l’effort de pêche à la quantité des ressources maximales que le stock peut produire sur le long terme, durablement :

  • un effort de pêche en dessous du RMD ne met pas la ressource en danger, mais ne permet pas d’obtenir la quantité optimale du stock (sous exploitation) ;
  • un effort de pêche au-dessus du RMD (surpêche) permet d’obtenir des captures importantes à court terme mais entraîne une diminution de la ressource et met à termes en danger la capacité de renouvellement du stock. De plus, la rentabilité économique de l’activité est affectée (trop de bateaux pour la ressource disponible).

A savoir

Une étude de la New Economics Foundation (2017) a montré que la reconstitution des stocks de poisson de l’Union européenne au niveau du rendement maximum durable pourrait offrir à la France 10 00 tonnes de poissons débarqués en plus chaque année, soit l’équivalent de 140 millions d’euros de revenus supplémentaires et la création de 1 400 emplois, par rapport à 2014.